Aller vite, mais sur du solide
Introduction
Le monde va de plus en plus vite.
Les technologies évoluent vite.
Les carrières aussi.
Aller vite n’est plus un avantage, c’est devenu une exigence.
Mon parcours, pourtant, ne s’est jamais inscrit dans cette logique de vitesse à tout prix. Non pas par refus du mouvement, mais par nécessité de comprendre ce qui permet réellement d’aller vite sans tout casser.
Avec le temps, j’ai compris que je ne voulais plus subir les événements comme on subit un manège qui va trop vite. J’ai voulu être aux commandes de l’infrastructure de ma vie.
Cette prise de conscience m’a naturellement conduit vers l’administration système, l’infrastructure, puis les architectures cloud-native : des domaines où la vitesse n’a de valeur que lorsqu’elle repose sur des fondations solides.
Ce qui m’a amené à la tech
Mon intérêt pour la tech n’est pas né d’une fascination pour le code, mais d’un besoin très concret : comprendre pourquoi des systèmes censés fonctionner échouent dans la réalité.
Une expérience personnelle m’a confronté à des défaillances de communication et de coordination dans des environnements pourtant critiques. À ce moment-là, la technologie m’est apparue comme un levier possible d’amélioration.
Pas comme une promesse magique.
Comme un outil, à condition d’être compris et maîtrisé.
C’est ce qui m’a amené vers le développement, avec l’envie de construire des solutions utiles, fiables, et compréhensibles.
Pourquoi la vitesse seule ne suffisait pas
J’ai appris le développement dans un contexte fragmenté : formations interrompues, contraintes personnelles, fatigue, stress.
Apprendre devenait irrégulier, parfois frustrant.
Mais avec le recul, ce n’était pas un problème de rythme.
C’était un problème de profondeur.
Ce qui me manquait, ce n’était pas d’écrire plus de code, mais de comprendre ce qui se passe en dessous :
- pourquoi une application fonctionne ici et pas ailleurs
- pourquoi un système tient… ou s’effondre
- pourquoi une solution “rapide” devient vite un problème en production
Je me suis rendu compte que la vitesse, seule, ne m’apportait aucune maîtrise.
La bascule vers l’infrastructure
C’est en découvrant l’administration système et l’infrastructure que tout s’est aligné.
Linux m’a appris la rigueur et l’observation.
Docker a été une claque conceptuelle : isolation, reproductibilité, compréhension des dépendances.
Pour la première fois, je ne travaillais plus uniquement sur le quoi, mais sur le comment et le pourquoi.
Je comprenais les couches, les interactions, les limites.
Mon passage par le front-end m’a également apporté un regard essentiel : comprendre les besoins des développeurs pour mieux construire l’infrastructure qui les soutient.
L’infrastructure m’a offert ce que je cherchais sans le formuler :
des systèmes pensés pour résister à la réalité, pas seulement pour fonctionner en théorie.
Ce que la contrainte m’a appris
La contrainte est souvent perçue comme un frein.
Dans mon parcours, elle a été un révélateur.
Elle m’a appris :
- à gérer mon énergie plutôt que de la brûler
- à privilégier la compréhension à la précipitation
- à construire des bases capables de supporter la vitesse
Car aller vite n’est pas un problème.
Aller vite sur du fragile, oui.
En infrastructure comme ailleurs, la fiabilité n’est jamais accidentelle.
C’est un choix.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, je m’intéresse aux systèmes cloud-native, à la sécurité intégrée, à la fiabilité et à la résilience.
Pas comme des buzzwords, mais comme des réponses concrètes à un monde qui accélère.
Je partage ce parcours non pas pour raconter une réussite spectaculaire, mais pour défendre une idée simple :
la vitesse est une exigence, la solidité est une responsabilité.
Conclusion
Je ne vois plus mon parcours comme une reconversion chaotique, mais comme une construction progressive.
La vie m’a appris la gestion de l’énergie.
La tech m’a appris la gestion de la complexité.
L’infrastructure m’a appris que l’on ne peut aller vite longtemps que sur des fondations solides.
Si cet article doit laisser une trace, qu’elle soit celle-ci :
ce n’est pas la vitesse qui casse les systèmes, c’est le fragile.